l'été tire à sa fin et des indépendantistes s'interrogent
L’été tire à sa fin, à la vitesse d’un gros bateau qui coule. Lentement.
Ce blog encore en attente me sert de carnet, carnet où je note mes réflexions politiques. Mais sa forme est celle d’un appel, ce qui me contraint à traquer mes élans générés par un esprit pas toujours généreux. C’est la raison pour laquelle ce blog est resté en sommeil (en embuscade ?) depuis janvier. Ainsi que les armes de poing, le sarcasme et la colère sont plus dangereux pour les alliés que pour l’ennemi. En attendant sa prochaine réplique, la crise financière tire à sa fin, elle aussi. Seule l’économie réelle souffre, à cause de Bruxelles comme d’habitude et pour longtemps, mais de façon aggravée du fait de la crise récente, au point que les états maintiennent les distances prises à l’égard de Bruxelles. Au point qu’ils sont en train de prouver l’inutilité des critères de Maastricht, ou de creuser la tombe de l’Euro.
Cet été j’ai eu le privilège de participer à l’université de l’un des quelques mouvements souverainistes de droite centre droit. Voici mes impressions.
Sur le retour à L’OTAN
Actuellement la grande affaire commune à cette famille de pensée, comme au reste de la classe politique, est ce retour de la France au sein du commandement intégré. A rapprocher de l’européanisation des représentations diplomatiques nationales, telle que prévue par le traité de Lisbonne s’il est appliqué un jour.
Il y a aussi des craintes - elles ne m’ont pas convaincu - concernant l’avenir de notre indépendance nucléaire, et des peurs : notre pays, remettant en question l’ordre marchand à travers son retrait de la communauté européenne serait diabolisé et agressé comme la Serbie et l’Irak au nom de la communauté internationale. Encore moins convainquant. Ni la Corée du nord état voyou mais nucléarisé, ni le Brésil qui ne l’est pas mais menace l’ordre des multinationales n’ont été menacés.
L’optimisme
Malgré l’échec des européennes l’ambiance était à l’optimisme. Guaino est toujours dans l’entourage présidentiel, plusieurs dizaines de députés UMP se réuniraient régulièrement pour manifester entre eux le souhait d’assister à la fin de l’union européenne, Lisbonne n’est pas totalement ratifié, les critères de Maastricht ne sont plus respectés et j’ai entendu une prévision selon laquelle l’Euro éclatera dans un délai raisonnable. Certains de ces points sont pertinents, mais pas tous.
Du coup certains prônent maintenant l’attentisme en terme d’initiative contre la construction européenne, car le temps s’éclaircit. Au point que l’Europe tombant toute seule devrait cesser de représenter le principal problème de cette opposition indépendantiste, qui devrait se préparer aux problèmes dus à la marchandisation du monde, à l’Islam colonisateur, aux bouleversements géopolitiques etc... Certes ! Mais ces problèmes d’aujourd’hui sont la continuité de ceux d’hier. Ils sont la tempête permanente qui souffle sur les nations depuis la nuit des temps. Je me permets une métaphore : dans cette tempête nous sommes un avion, dont les commandes sont en cours de givrage. Par la loi, l’esprit ou la menace la commission gèle nos commandes. Pour affronter la tempête, il faut sortir de la construction européenne.
Et d’autres, qui ne sortent pas beaucoup, prônent l’attentisme pour se donner le temps de convaincre des Français qui seraient encore sous le charme de l’idéal européen. Il faudrait faire preuve de pédagogie. Pourtant ils ne peuvent pas avoir oublié le rejet de la constitution Giscard. C’est un de leurs sujets de fierté. Pédagogie oui, mais pour convaincre qu’on peut en sortir, que la France a conservé ses atouts, pour rassurer sur les conditions de sortie, comme développé dans en guise de présentation permanente. Ecoeurés par l’Union Européenne, les Français le sont, et pour longtemps ! Et ils ne sont pas les seuls.
Et toujours les mêmes tares dans la communication
A l’université organisée par ce courant, j’ai trouvé des militants de chacun des autres courants souverainistes de droite centre droit. On se rassemble. Bien ! Toujours des gens très motivés mais parfois trop désireux d’affirmer leurs différences en assortissant leurs déclarations et postures du fourre-tout d’idéaux personnels et combats intimes qui n’ont des rapports que très éloignés avec la problématique d’indépendance nationale. On retrouve ce trait chez des orateurs du mouvement.
Ce handicape évoqué dans la présentation de ce blog, d’autres en sont conscients. Après une intervention sur un déclin de la France, que l’orateur mesurait entre autres à l’aune de la proportion d’athées que compte notre pays, j’ai demandé à un responsable ce qui se serait passé si nous avions su faire venir des militants de Mélenchon. Découragé il a répondu, ‘’évidemment ils auraient quitté la salle’’. Il faut que je m'intéresse aussi aux autres indépendantistes, mais dans l'ensemble on est loin du réalisme nécessaire à l'action.
L’anti sarkozysme
Eh bien, il n’est pas systématique. Loin de là. Mais la confiance manque. Sarkozy souffre moins du procès de l’intention de faire disparaître la France que d’une politique illisible. On a senti chez lui fierté et plaisir de diriger la France comme grande puissance. Pourtant il fait la promotion du traité qui interdira ces délices à ces successeurs au risque que la France à terme devienne une simple région touristique d’un empire mou mais totalitaire, lui même destiné à être dépecé par le reste du monde comme l’empire turque en 1919... Perspective qui ne semble pas l’effleurer...
Unir le souverainisme d’une même sociologie n’est ni suffisant ni nécessaire.
Les dirigeants de toutes les tendances souverainistes en France mènent chacun leur parcours propre, ce qui est normal pour des gens qui certes ont un même but mais ne disposent d’aucun plan tout tracé tombé du ciel. De plus il y a nécessairement des ambitions qui se télescopent, mais cet aspect n’apparaît que rarement au niveau des seuls militants, et jamais ouvertement à celui des dirigeants. Seulement quand bien même parviendraient-ils à une union si elle est centrée sur une sociologie, elle ne fera que renforcer les spécificités parasites de cette sociologie (ici son catholicisme militant, mais aussi tellement d'autres choses ailleurs) et freinera l’établissement d’un mouvement transversal sans clivage qui mènerait à l’indépendance.
L’enjeu tactique est l’établissement du dialogue avec ce qu’il est convenu d’appeler le peuple. Il faut contribuer à l’expression de l’exigence populaire pour conduire le chef de l’état, un autre ou celui là, à porter une rupture d’initiative française sur la scène européenne. Ainsi la France ne subira pas l’évènement mais, comme exprimé dans que pouvons nous faire, le conduira. Le premier mouvement indépendantiste qui établira ce dialogue dépassera sans douleur le vieux problème du rassemblement ou de l’union avec les autres partis. Les autres se rallieront, fusionneront ou disparaîtront en tant que parti, car je l’ai constaté, les militants se déplacent très bien quelque soit leur parti d’origine.